
« Voici le parti auquel nous sommes confrontés… » Mohamed Ould Errachid : De l’héritage de la famille Errachid à la tête de la scène politique saharienne, un homme dont l’influence s’étend de Laâyoune au monde entier : « Voici le parti auquel nous sommes confrontés… » Aujourd’hui, Mohamed Ould Errachid est une figure politique majeure des provinces du Sud, non seulement en raison de sa fonction de président de la Chambre des conseillers, mais aussi parce qu’il représente une école de pensée politique ancienne et profondément enracinée. L’expression que tous avaient coutume de répéter, « Tel père, tel fils », et son affirmation « Voici le parti auquel nous sommes confrontés » suffisent à illustrer sa position au sein d’un système politique qui a bâti son influence au fil des décennies. J’ai eu un entretien privé avec lui en 2021, qui a duré plus de deux heures. Au cours de cette rencontre, nombre d’idées préconçues, injustifiées et véhiculées par certains, se sont dissipées. J’ai alors découvert un jeune homme politique d’un genre nouveau, doté d’une intuition aiguisée et d’une remarquable capacité à anticiper les mutations politiques. Ce qui m’a peut-être le plus frappé dans son discours, c’est sa cohérence intellectuelle et son sang-froid politique. Il était évident qu’il n’agissait pas impulsivement, mais selon une vision cohérente qui articulait travail institutionnel et action partisane, dans une perspective de progrès cumulatif plutôt que d’autodestruction immédiate. À la tête de la Chambre des conseillers, durant la première moitié de son second mandat, Ould Errachid a su mener l’institution vers un progrès qualitatif, notamment sur le plan diplomatique. Il est parvenu à instaurer une étroite coordination entre Rabat, la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et les conseils élus de cette région. Cela a contribué au succès d’événements majeurs, notamment la visite du Président du Sénat français, menée avec une organisation et un professionnalisme exemplaires, et qui a atteint tous ses objectifs.

Cette dynamique n’était pas le fruit du hasard, mais bien le résultat d’une démarche diplomatique concertée impliquant tous les acteurs régionaux. Cette démarche a permis d’instaurer une méthodologie de travail rigoureuse et collaborative avec la population de Laâyoune et au sein de la Chambre des Conseillers, faisant de cette institution un partenaire actif dans la défense des intérêts supérieurs de la nation, au premier rang desquels figure l’intégrité territoriale du Royaume, aux côtés de toutes les institutions et administrations nationales compétentes. L’influence de Mohamed Ould Errachid dépasse toutefois le cadre parlementaire. Il concilie ses responsabilités au sein du parti Istiqlal, où il analyse les sondages et suit de près les affaires du parti et des autres formations politiques au niveau régional, avec la recherche d’idées novatrices et de stratégies politiques innovantes. Ces stratégies reposent sur une conviction profonde quant à la mise en œuvre concrète des projets de réforme dans la région de Laâyoune, et son action diplomatique embrasse des enjeux allant du Golfe à l’Asie, et de l’Amérique latine à l’Afrique. Sa caractéristique la plus marquante est sans doute sa capacité à traduire les résultats de cette diplomatie extérieure en actions tangibles à Rabat, et plus particulièrement à Laâyoune, ville qui marque durablement les esprits par la qualité de son organisation et la force de son influence politique. Au cours de notre entretien, Ould Rachid a évoqué la longue histoire politique de sa famille, remontant à son oncle, Khalihenna Ould Rachid, président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, réputé pour son éloquence et son équilibre, ainsi que pour sa capacité à dialoguer avec toutes les couches de la société, des aînés aux jeunes, en passant par les femmes et les hauts fonctionnaires. Il convient de souligner que cet héritage d’éloquence et de finesse politique se transmet de génération en génération au sein de la famille Ould Rachid. Chaque membre de la famille Rachid, de Moulay Hamdi Ould Rachid à Cheikh Brahim Ould Rachid, et plus récemment à Khalihenna Ould Rachid, possède une voix politique distincte et un style influent, faisant de cette famille une véritable école politique. Mohamed Ould Rachid m’a confié que son entrée en politique n’était ni fortuite ni un choix, mais bien le prolongement d’une tradition familiale née dans les années 1970 et perpétuée par l’héritage d’expérience et de responsabilité.

Ceci explique son engagement profond dans le travail de terrain et le développement communautaire, afin de préserver cet héritage politique. Dans ce contexte, il a révélé que le parti Istiqlal, dans les provinces du Sud, a recruté plus de 40 000 citoyens au sein de ses structures, non seulement en vue des élections, mais aussi pour accompagner la prochaine étape de la mise en œuvre du projet d’autonomie sur le terrain. Il a toutefois souligné que la famille Rachid n’a jamais été fermée sur elle-même ni méprisante envers les autres tribus, affirmant que l’ouverture est une valeur familiale innée. Il m’a dit franchement : « J’ai choisi de vivre près de votre tribu, Mahfoud, par conviction, même si j’aurais pu vivre dans n’importe quel quartier de Laâyoune », manifestant ainsi son rejet de toute logique de discrimination ou de division tribale et régionale. Il a ajouté : « Un de vos cousins est mon associé et travaille avec moi et avec toutes les tribus du sud et du nord du Royaume. » Il a ajouté avec un sourire que sa femme, qu’il respecte beaucoup, s’attache toujours à renforcer ces liens sociaux, les entretenant et les cultivant malgré son emploi du temps chargé, ce qui témoigne de sa profonde conviction quant à la nécessité de consolider l’harmonie au sein du tissu tribal et social des provinces du sud. À un moment de notre conversation, il m’a surpris par une question directe : « À votre avis, quel est notre principal rival politique ? » Après avoir répondu qu’il n’y avait pas de véritable concurrent à ce moment-là, il a rétorqué : « Nous ne sommes en concurrence qu’avec un seul parti : le Front Polisario. » Il a souligné que le programme séparatiste, qui avait divisé les familles et les groupes tribaux, avait perdu de son influence et que les peuples du Sahara avaient choisi d’appartenir à leur patrie, le Maroc. Franchement, j’ai quitté cette réunion avec une impression différente. Il m’est apparu comme un homme de son temps, un homme politique chevronné malgré son jeune âge, et un fin stratège électoral qui avait préféré rester discret pendant des années avant de revenir en force, attirant l’attention de la presse régionale, nationale et internationale. Ce parcours confirme les propos tenus dans le télégramme royal que lui adressa Sa Majesté le Roi Mohammed VI après son élection à la présidence de la Chambre des Conseillers, louant son assurance, son sens des responsabilités et ses efforts pour renforcer la position de l’institution législative et défendre les causes nationales. Aujourd’hui, fort de son expérience et de son ouverture à l’action locale,


