Un rapport publié par le magazine Africa Intelligence révèle les grandes lignes d’une initiative économique majeure menée par les Émirats arabes unis pour consolider leur présence d’investissement dans les provinces méridionales du Maroc grâce à des partenariats stratégiques et des alliances financières de pointe impliquant d’importantes institutions américaines. Cet engagement accru coïncide avec la reconnaissance explicite par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle dynamique d’investissement dans la région. Selon le rapport, une alliance tripartite se met en place, réunissant les Émirats arabes unis, la Société américaine de financement du développement international (DFC) et de grandes entreprises américaines manifestant un intérêt croissant pour les projets stratégiques dans le Sahara marocain. Le rapport anticipe également l’implication de la Banque d’import-export américaine (EXIM) dans ces efforts de financement, une initiative illustrant la coordination économique transcontinentale visant à soutenir des projets stratégiques à long terme. D’après la même source, les Émirats arabes unis envisagent d’adopter des modèles de projets conjoints segmentés par secteur, avec un accent particulier sur les énergies renouvelables et le développement du port de Dakhla. L’objectif est de protéger et de développer les investissements marocains dans l’une des régions les plus attractives du Maroc, notamment en termes de potentiel logistique et énergétique. Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la politique de Washington visant à orienter les investissements américains vers les provinces du Sud, dans le cadre d’initiatives destinées à renforcer la diplomatie économique, tirant parti de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara depuis décembre 2020. Le rapport indique également que les relations maroco-émiriennes ont connu un essor considérable après la signature de la Déclaration de partenariat innovant et durable entre le roi Mohammed VI et le cheikh Mohammed ben Zayed en décembre 2022. Cette déclaration a ouvert la voie à un vaste programme d’investissements conjoints, prévoyant le financement de projets stratégiques par le biais de capitaux partagés, de prêts concessionnels, d’instruments de financement innovants et de subventions. Parmi les projets mis en avant dans le rapport figurent le développement de l’aéroport de Dakhla (Dakhla Hub), du port atlantique de Dakhla et du projet intégré « Dakhla, porte d’entrée de l’Afrique ». Des projets d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert sont également prévus. S’y ajoutent des projets de développement des aéroports de Casablanca, Marrakech et Nador. Le rapport indique que les deux pays étudient également des projets de coopération entre fonds d’investissement et fonds souverains, ainsi que des partenariats axés sur les infrastructures et l’énergie en Afrique, notamment le projet de gazoduc transatlantique africain et la création d’une flotte maritime commerciale. Ceci témoigne d’une orientation stratégique à long terme visant à consolider l’influence économique des Émirats arabes unis dans le Sahara marocain. Les données fournies par Africa Intelligence révèlent une évolution significative du paysage géoéconomique régional, les Émirats arabes unis s’efforçant d’établir une présence forte dans le Sahara marocain au sein d’alliances qui s’étendent jusqu’aux États-Unis. Cette dynamique d’investissement reflète une convergence d’intérêts politiques et économiques et apporte aux grands projets marocains à Dakhla et dans le sud du pays un soutien international important, susceptible d’accélérer la transformation économique de la région et de renforcer sa stabilité.


