La troisième Assemblée générale annuelle de la Conférence des Présidents des Parlements et des Institutions législatives africaines (CoSPAL) s’est ouverte ce vendredi à Rabat. Lahcen Haddad, s’exprimant au nom du Président de la Chambre des Conseillers, Mohamed Ould Rachid, a délivré un message politique clair concernant la position du continent face aux transformations internationales rapides et le rôle des institutions législatives dans la construction d’une Afrique plus proactive et influente. Ce discours, prononcé dans un contexte d’incertitudes croissantes, de tensions exacerbées et de crises transnationales de plus en plus nombreuses, a réaffirmé que le continent africain n’est plus un simple « sujet » des relations internationales, mais qu’il est désormais appelé à devenir un acteur actif, capable d’orienter ses décisions en fonction de ses intérêts stratégiques. Cette vision s’inscrit dans la lignée des directives royales qui ont souligné à maintes reprises que l’Afrique « porte sa responsabilité » au sein du nouvel ordre mondial. Dans ce contexte, l’accent mis par la Chambre des Conseillers sur le concept de « leadership législatif » comme condition préalable à l’élaboration de politiques publiques continentales plus efficaces, capables de transformer les défis en opportunités, est particulièrement remarquable. Ceci s’applique à des enjeux tels que la sécurité énergétique, le climat, l’intégration économique et la gestion des mutations démographiques que connaît le continent. La déclaration soutient également les efforts visant à développer une diplomatie parlementaire africaine plus coordonnée et influente, afin que la voix des institutions législatives devienne un véritable moteur de solutions au sein des instances internationales, et non un simple prolongement du pouvoir exécutif. Ces messages témoignent d’une volonté marocaine claire de repositionner le Parlement dans la nouvelle dynamique africaine. Ils encadrent l’engagement du Royaume dans le débat sur la réforme des institutions continentales et soulignent le rôle croissant de la diplomatie parlementaire marocaine, notamment grâce à une expérience significative acquise dans les domaines des migrations, du climat, de la coopération Sud-Sud et d’initiatives majeures telles que l’« Initiative Atlantique-Afrique » et le projet de gazoduc Nigéria-Maroc. Le soutien apporté par la Chambre des Conseillers à l’adoption de la « Déclaration de Rabat » comme référence en matière de leadership législatif en Afrique témoigne d’une volonté de faire de la capitale marocaine une plateforme institutionnelle continentale, de doter le CoSPAL d’un cadre pratique de coordination législative, de développer les programmes de jumelage parlementaire et l’échange d’expertise, et de mettre en place des plateformes législatives dans les domaines de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle et de l’économie de la connaissance – des domaines clés pour influencer le nouvel ordre mondial. Cette conférence, organisée quelques jours avant que le Maroc n’accueille la Coupe d’Afrique des Nations 2025, a également contribué à renforcer l’image du Royaume comme lien entre les nations du continent et comme acteur doté d’une vision stratégique alliant réformes internes et engagement continental. Tandis que les participants abordent les questions de souveraineté économique et de construction d’institutions fortes, Rabat semble déterminé à orienter le débat vers une approche qui dépasse la simple réaction et confère aux parlements africains un véritable pouvoir de décision afin de défendre les intérêts de leurs populations. Ces messages démontrent, en substance, la transformation du parlement, d’un organe législatif national en une plateforme d’influence extérieure – un changement qui correspond à la phase actuelle que traverse le continent et au besoin de l’Afrique d’avoir une voix unifiée dans un monde turbulent et en constante évolution.


