La ville de Laâyoune, capitale des provinces du Sud du Royaume, a accueilli la quatrième session du Conseil national de la Fédération marocaine des éditeurs de presse. Ce rassemblement professionnel majeur a réuni des dizaines d’entreprises de presse de tout le Maroc, porteuses de messages politiques et professionnels forts, notamment la défense de l’intégrité territoriale et l’alerte donnée sur la situation critique du secteur de la presse nationale. La session, qui s’est tenue dans un contexte que la Fédération a qualifié de « sensible et délicat », a permis d’analyser les failles du paysage médiatique. Le Conseil national a considéré les questions professionnelles comme un enjeu de société par excellence, compte tenu de la perte de crédibilité du secteur, des restrictions institutionnelles et des déséquilibres structurels qui menacent la survie des entreprises de presse, en particulier régionales. Le Conseil a publié une déclaration ferme concernant le sort de l’Institution d’autorégulation de la presse, tenant le gouvernement et le ministère de la Presse responsables de la situation actuelle. Suite à la création d’une institution alternative en dehors du cadre des élections et de la sélection démocratique, le Conseil a déclaré illégitime le comité intérimaire chargé de la supervision du secteur et a constaté l’expiration de son mandat. Il a exigé la suspension du processus législatif en cours et l’annulation de toutes les décisions qui en découlent. Le Conseil s’est également dit consterné par ce qu’il a qualifié de « scandale moral et professionnel » révélé par la fuite de photographies. Il a affirmé que ce scandale a nui à l’image de la presse nationale et à la réputation du pays, et a demandé une enquête judiciaire afin de déterminer les responsabilités, de protéger la dignité des journalistes et de garantir le respect des procédures légales. Par ailleurs, la Fédération a souligné la confusion qui règne autour de la question des cartes de presse professionnelles, due à un vide juridique. Elle s’est dite surprise du manque de transparence dans la gestion de ce processus et de l’absence de publication des listes de bénéficiaires, en violation flagrante des procédures établies. La Fédération a mis en garde contre les répercussions de cette situation sur le statut professionnel et social des journalistes. Sur le plan économique, le Conseil a tiré la sonnette d’alarme concernant la précarité de la situation économique de la presse, notamment dans les régions. Le Conseil a constaté le chaos du marché publicitaire, les retards de paiement et les lacunes du système de soutien public, mis en place sans consultation des professionnels des médias. Il a également souligné la crise de la distribution et l’exclusion des petites imprimeries, autant de facteurs qui menacent de déstabiliser l’ensemble de la chaîne de production journalistique. Dans le contexte des préparatifs nationaux pour l’accueil de grands événements sportifs, la Fédération a insisté sur le fait que le succès ne se mesure pas uniquement aux infrastructures, mais requiert également des médias professionnels forts et indépendants. Elle a mis en garde contre l’imposition de décisions unilatérales visant à réguler la couverture médiatique, en l’absence de transparence et de participation des acteurs légitimes. Le Conseil a conclu ses travaux en réaffirmant l’engagement de la Fédération en faveur de l’unité de la profession et sa volonté de poursuivre sa coordination avec les syndicats de journalistes. Il s’est engagé à défendre une presse nationale professionnelle et responsable, capable de lutter contre la désinformation et de restaurer la confiance du public à ce moment charnière de l’histoire des médias marocains.
Depuis Laâyoune… Les éditeurs de presse intensifient leurs efforts et contestent la légitimité de « l’ autorégulation »
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