La deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, qui s’est tenue au Caire, capitale égyptienne, a eu des implications politiques et diplomatiques dépassant largement ses objectifs économiques et de coopération affichés. Elle a reflété un changement notable dans la manière dont les acteurs internationaux abordent les questions litigieuses sur le continent africain, notamment le conflit du Sahara occidental. Le Forum a adopté une approche fondée sur le réalisme politique et le respect du droit international en limitant la participation aux États africains reconnus par le système des Nations Unies. Cette décision a automatiquement entraîné l’exclusion du Front Polisario, entité séparatiste non reconnue internationalement et dépourvue de toute légitimité juridique pour participer aux instances de coopération multilatérale. Cette exclusion n’était pas un simple détail de procédure ou d’organisation ; elle reflétait une position diplomatique russe claire. Cette position rejette toute implication des instances internationales dans les conflits régionaux ou les faveurs idéologiques et souligne que les partenariats stratégiques se construisent avec des États pleinement souverains, et non avec des entités dépourvues de légitimité juridique. Ce développement a, à l’inverse, constitué un revers diplomatique pour le régime algérien, qui a constamment instrumentalisé les instances africaines et internationales pour promouvoir son agenda séparatiste, s’appuyant sur des alliances opportunistes et des pressions politiques. Cependant, les événements du Caire ont clairement révélé les limites de cette influence et mis en lumière la capacité décroissante de l’Algérie à imposer la présence du Front Polisario au sein des instances politiques et internationales influentes. La position russe témoigne d’une prise de conscience croissante de la sensibilité du dossier du Sahara occidental et d’un choix délibéré de le traiter conformément aux principes du droit international, en faisant abstraction de toute considération idéologique. Elle révèle également une divergence de perspectives relative entre Moscou et Alger, malgré leurs relations traditionnelles, notamment dans le domaine militaire. La Russie, soucieuse de renforcer sa présence en Afrique, est désormais moins encline à s’engager dans des agendas régionaux fondés sur le conflit plutôt que sur la stabilité. En marge de la conférence, les initiatives algériennes ont semblé confuses. Le pays a tenté de réintroduire la question du Sahara occidental lors de discussions parallèles et sous des angles généraux, sans parvenir à influencer l’ordre du jour ni à enfreindre le cadre strict imposé par la Russie, en partenariat avec l’Égypte et l’Union africaine. Ceci témoigne de l’affaiblissement du discours du Polisario et de sa perte d’influence, même au sein de la sphère africaine. Par ailleurs, le choix du Caire pour accueillir cet événement n’était pas anodin, puisqu’il a renforcé la discipline diplomatique au sein du forum. L’Égypte, qui insiste constamment sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, a veillé à ce que la réunion ne devienne pas une tribune pour des agendas étroits, ce qui aurait accentué l’isolement de la position séparatiste défendue par l’Algérie. Cette évolution indique que le régime algérien, qui se présente comme un acteur central sur le continent africain, est désormais confronté à une nouvelle réalité diplomatique. Le soutien de ses alliés traditionnels n’est plus garanti, et il lui est devenu plus difficile d’imposer des entités non reconnues au sein des instances internationales. Ce qui importe avant tout dans ce contexte, c’est le reflet d’une évolution internationale de plus en plus rapide vers des approches pragmatiques pour résoudre le conflit du Sahara occidental, avec un soutien croissant aux solutions politiques internationalement reconnues, notamment l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine. Cette situation place la thèse séparatiste, et ceux qui la défendent, dans une véritable impasse stratégique, dans un monde qui évalue désormais les partenariats à l’aune de la stabilité et de l’efficacité, et non plus selon la logique des slogans et des alliances idéologiques.


