Aude-là de l’Algérie, le Polisario qui perd l’un de ses fervents défenseurs
La carte des alliances internationales concernant le Sahara connaît une transformation significative.
De plus en plus d’indicateurs internationaux suggèrent que le Venezuela traverse une phase politique et juridique délicate, susceptible de redéfinir sa position internationale. Cette évolution est cruciale pour l’Algérie, qui a longtemps considéré Caracas comme un pilier de son soutien extérieur sur ce dossier, avec des répercussions directes sur l’équilibre des pouvoirs dans le conflit et son issue au sein de la communauté internationale.
Dans les calculs stratégiques de la politique étrangère algérienne, le Venezuela n’a pas été simplement un pays géographiquement éloigné de l’Afrique du Nord. Pendant des années, il a joué un rôle important au sein des instances internationales et onusiennes, notamment sur la question du Sahara. Sous la présidence de Nicolás Maduro, ce soutien s’est particulièrement manifesté, tant par des prises de position politiques affirmées que par des alliances diplomatiques constantes qui ont renforcé la présence du Polisario dans certaines instances et lui ont offert une couverture en dehors de la région. D’après les rapports et analyses internationaux sur la sécurité publiés ces dernières années, le soutien vénézuélien ne s’est pas limité aux sphères politique et diplomatique. Ces rapports indiquent qu’il s’est étendu à des formes d’assistance logistique et militaire, contribuant à l’accroissement des menaces au Sahel et au Sahara, une région déjà fragilisée sur le plan sécuritaire et confrontée à l’activité croissante de groupes extrémistes et de réseaux de contrebande. Si ces informations se confirment, cette dimension place l’alliance algéro-vénézuélienne dans la catégorie des partenariats de sécurité à coût élevé et inscrit la question du Sahara occidental dans des contextes régionaux et internationaux plus complexes. Aujourd’hui, alors que la communauté internationale débat de la destitution du dirigeant vénézuélien ou de son implication dans une confrontation politique et juridique sans précédent, cette alliance se trouve confrontée à la plus grande épreuve de son histoire. La pression internationale croissante sur Caracas et l’isolement du régime vénézuélien confrontent l’Algérie à une nouvelle réalité : la perte de l’un de ses plus importants soutiens extérieurs, non seulement sur le plan symbolique politique, mais aussi en termes d’influence au sein des groupes de pression et des alliances. Ces développements révèlent un problème plus profond dans la stratégie diplomatique algérienne, qui a fondé une partie de sa politique étrangère sur des alliances avec des régimes souffrant d’isolement international ou de crises internes chroniques. Face à l’accélération des bouleversements géopolitiques et à la tendance des grandes puissances à réorienter leurs priorités selon une logique d’intérêts et de stabilité, l’efficacité de ce type d’alliance diminue et la marge de manœuvre se réduit pour les propositions qui ne bénéficient plus d’un large soutien. À l’inverse, le Maroc se distingue comme un acteur régional ayant adopté une approche différente, axée sur le renforcement de sa légitimité internationale, le lien entre la question du Sahara occidental et le développement concret sur le terrain, la lutte contre le terrorisme et la coopération en matière de sécurité. Selon les observateurs, cette approche a contribué à consolider l’image du Maroc comme partenaire fiable dans un contexte régional instable et a renforcé la conviction internationale que le conflit ne peut être résolu par de simples slogans, mais bien par des solutions réalistes et durables. Avec la mise au jour ou le déclin de certains canaux de soutien extérieur au Front Polisario, l’équilibre des influences au sein de la communauté internationale devrait progressivement évoluer. Cela pourrait influencer le cours des discussions internationales et la capacité des partis défendant des positions traditionnelles à maintenir leur élan. Ce qui se passe au Venezuela ne saurait être considéré comme un événement isolé en Amérique latine, mais plutôt comme le signe de la fragilisation du système d’alliances sur lequel l’Algérie s’est longtemps appuyée concernant le Sahara. À chaque nouvelle rupture, le pouvoir de négociation diminue et la tendance internationale vers des solutions réalistes se renforce. Dans un monde où les règles du jeu évoluent rapidement, les alliances fondées sur des régimes instables apparaissent davantage comme un fardeau politique que comme un atout stratégique.


