La visite de la délégation du Polisario à Washington les 22 et 23 janvier n’a abouti à aucune avancée politique significative. Selon des sources diplomatiques, elle s’est conclue par une réaffirmation de la position internationale, déjà claire et irrévocable : l’initiative d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine. Cette initiative demeure le seul cadre de négociation possible pour résoudre le conflit du Sahara occidental, sans aucune volonté de rouvrir les discussions, désormais supplantées par le processus onusien et le consensus international ces dernières années. Cette conclusion est d’autant plus significative qu’elle est issue de rencontres directes à Washington, à un moment où les options internationales se réduisent pour les approches jugées politiquement irréalisables. La délégation, conduite par Mohamed Yeslem Beissat, le pseudo « ministre des Affaires étrangères » du Polisario, est arrivée à Washington en provenance de Madrid, dans un contexte de campagne médiatique intense menée par l’Algérie et le front séparatiste. Cette campagne a mis en avant la possibilité de rouvrir la question de l’« autodétermination » ou de reprendre les discussions sur un référendum. Cependant, ces espoirs furent rapidement dissipés lors de la réunion. Une source diplomatique expliqua que le responsable américain qui rencontra la délégation tenait, dès le départ, à lever toute ambiguïté, insistant sur le fait que l’administration américaine ne voyait qu’une seule solution politique viable au conflit : l’autonomie sous souveraineté marocaine. Selon la même source, la réunion n’a donné lieu à aucune discussion de fond sur des propositions alternatives ou des formules de transition. Elle s’est plutôt attachée à rappeler à la délégation Polisario que la résolution 2797 de l’ONU, adoptée le 31 octobre, ne laissait aucune place à l’interprétation politique et reflétait une tendance croissante au sein du Conseil de sécurité à soutenir la proposition marocaine comme une solution « réaliste et crédible ». Le responsable américain souligna également que Washington ne s’engagerait dans aucun processus de négociation en dehors de ce cadre et ne soutiendrait aucune proposition non conforme au cadre onusien existant. Cette position américaine, qualifiée de décisive et irrévocable, plaça la délégation Polisario dans une situation diplomatique délicate, l’incitant à demander un délai pour consulter ses dirigeants dans les camps de Tindouf. Cette demande est interprétée comme un signe du pouvoir de décision limité du Front Polisario et de la dépendance persistante de ses positions à l’égard de dynamiques régionales qui échappent à son contrôle, en l’absence de nouveaux atouts à présenter à la partie américaine. Parallèlement, un détail logistique politiquement significatif est apparu : le retour à l’aéroport d’Alger, après la visite, de l’avion présidentiel algérien qui avait transporté la délégation Polisario de Madrid à Washington. Ceci illustre le lien structurel entre le Front Polisario et l’Algérie, partie la plus profondément impliquée et affectée par l’issue de cette crise aux niveaux décisionnel et diplomatique. Cette visite est indissociable des profonds bouleversements qui s’opèrent au sein du système international concernant la question du Sahara occidental. Ces dernières années, le discours autour d’un référendum a sensiblement diminué dans les résolutions du Conseil de sécurité, tandis que l’idée d’une « solution politique réaliste » a progressivement gagné du terrain – une idée qui se concrétise dans l’initiative d’autonomie marocaine. Selon les informations disponibles, l’administration américaine actuelle ne voit aucun intérêt à rouvrir des discussions qui, en plus de cinquante ans, n’ont pas permis de trouver une solution viable. L’objectif est plutôt d’établir un cadre de négociation unique et clairement défini, conforme aux résolutions de l’ONU et à l’équilibre des pouvoirs au sein du Conseil de sécurité. Dans ce contexte, Washington attend une position claire du Front Polisario concernant le cadre d’autonomie, dépassant ainsi les simples manœuvres dilatoires et les prises de position médiatiques lors de visites à l’étranger qui ne parviennent pas à modifier l’équilibre des pouvoirs au Conseil de sécurité. Selon les analyses diplomatiques actuelles, l’ère de l’ambiguïté est révolue et la situation restreint de plus en plus les options des parties qui refusent de s’engager dans une solution politique réaliste. Ces mêmes sources ont évoqué la possibilité que la session se tienne en présence de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, et probablement d’un représentant américain, vraisemblablement Massad Boulos, conseiller principal du président Trump pour les affaires arabes et africaines. À l’époque, on pensait généralement que cette mesure s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2797, qui exhortait les parties au conflit à entamer des négociations directes afin de parvenir à une solution « juste, durable et mutuellement acceptable », qualifiant la proposition d’autonomie de « la plus réaliste » et renouvelant le mandat de la MINURSO d’un an. En conclusion, la visite à Washington, qui s’est soldée par un échec politique, révèle une nouvelle difficulté diplomatique pour le Front Polisario et son allié algérien, au moment même où le Maroc continue de consolider sa position au sein des institutions internationales, s’appuyant sur un soutien croissant et sur le consensus international selon lequel le temps des solutions extrêmes est révolu et que l’autonomie n’est plus une simple proposition, mais bien le seul cadre possible pour régler un conflit de longue date.
Une visite infructueuse : Le Polisario quitte Washington avec un discours décousu et un plafond de verre fermé
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