Les relations maroco-mauritaniennes ne se limitent plus à la simple relation de bon voisinage et à une coordination ponctuelle. Ces dernières années, elles sont entrées dans une nouvelle phase caractérisée par le développement d’un partenariat atlantique global, fondé sur une vision politique claire et concrétisé par des accords pratiques couvrant des domaines stratégiques essentiels. Cette transformation a trouvé son origine politique dans la visite du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani à Rabat en décembre 2014, qui a inauguré une phase significative de coordination bilatérale. Aujourd’hui, les fruits de cette visite commencent à se concrétiser sur le terrain par la mise en place rapide d’accords et de programmes conjoints. À la mi-janvier 2016, les deux pays ont posé une nouvelle pierre angulaire de leur coopération académique et agricole en signant deux accords entre le ministère mauritanien de l’Enseignement supérieur et l’Institut Hassan II d’agronomie et de médecine vétérinaire, ainsi que l’Institut Rosso. Cette coopération dépasse le cadre des échanges d’étudiants et vise à transférer l’expertise marocaine en matière de recherche agricole et de formation scientifique dans un contexte régional confronté à des défis croissants liés au changement climatique et à la sécurité alimentaire. Les observateurs estiment que cette approche confère à la recherche scientifique un rôle central dans le soutien au développement économique de la Mauritanie et renforce sa capacité à élaborer des modèles de production plus durables, en s’appuyant sur l’expérience marocaine qui a donné des résultats concrets dans ce domaine. Parallèlement, la coopération juridique et sécuritaire entre Rabat et Nouakchott est renforcée par la mise en œuvre du Plan d’action conjoint 2026-2027, signé en octobre 2025 par les ministres de la Justice des deux pays. Ce plan privilégie la numérisation de la justice comme levier essentiel de modernisation du système judiciaire et d’accélération des procédures, tout en coordonnant les efforts de lutte contre la criminalité transnationale telle que la traite des êtres humains et l’immigration irrégulière. Cette dimension témoigne d’une conviction partagée : la stabilité régionale est indissociable du renforcement de la coopération judiciaire et de la protection des droits dans une région confrontée à des pressions sécuritaires croissantes. Sur le plan économique, les indicateurs confirment la solidité de l’axe maroco-mauritanien, le Maroc consolidant sa position de premier investisseur africain en Mauritanie grâce à une forte présence dans les secteurs bancaire, des télécommunications et agricole. En janvier 2026, les relations économiques ont connu un essor significatif, marqué par des rencontres intensives entre les acteurs économiques, axées sur la facilitation des exportations et la résolution des difficultés douanières et logistiques. Cette dynamique s’inscrit dans une vision intégrée fondée sur le principe du « gagnant-gagnant », visant à intégrer la Mauritanie aux projets de connectivité continentale et d’intégration régionale, renforçant ainsi sa position dans l’espace atlantique. Les analystes s’accordent à dire que cette accélération du rythme des accords n’est pas fortuite, mais témoigne d’une volonté politique affirmée de faire des relations bilatérales un pilier de stabilité et de développement dans un contexte régional instable. De l’agriculture à la justice, de l’éducation à l’investissement, le Maroc et la Mauritanie élaborent un modèle de coopération avancé qui place les intérêts des deux peuples au cœur de leur partenariat stratégique.
Le Maroc et la Mauritanie : d’une relation de bon voisinage à un partenariat atlantique multidimensionnel
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