Un vaste épisode de tempête de sable, s’étendant sur près de 1 600 kilomètres, a traversé ces derniers jours plusieurs pays d’Afrique du Nord, plongeant une partie du Maghreb dans des conditions atmosphériques exceptionnellement chargées en poussières.
Selon les observations satellitaires, ce phénomène d’ampleur inhabituelle s’est formé en Algérie avant de balayer successivement le Maroc, puis de s’étendre vers le Mali et la Mauritanie. Le panache de poussière a ensuite poursuivi sa trajectoire vers l’océan Atlantique, atteignant notamment les îles Canaries.
À l’origine de cet épisode, les météorologues pointent l’influence du mistral, un vent violent ayant soufflé dans le sud de la France, contribuant à mobiliser d’importantes masses de poussières sahariennes et à les propulser vers le nord du continent africain.
Si les tempêtes de sable restent fréquentes au printemps dans la région, l’intensité et l’étendue de cet événement interrogent sur l’évolution des dynamiques climatiques. Plusieurs facteurs structurels sont avancés, notamment l’aggravation de la sécheresse, l’augmentation de l’évaporation liée au réchauffement climatique, ainsi que certaines pratiques agricoles intensives et la pression sur les ressources hydriques.
Selon les analyses du programme européen Copernicus, ces phénomènes pourraient toutefois évoluer à plus long terme. Une hausse des précipitations en Afrique du Nord, induite par une intensification du cycle de l’eau, pourrait réduire la quantité de poussières disponibles dans le Sahara. Une hypothèse encore débattue au sein de la communauté scientifique.


