Le plan d’autonomie marocain entre dans une nouvelle phase, tandis que la médiation américaine se profile. Ces développements s’inscrivent dans un contexte régional et international en pleine mutation, Rabat cherchant à actualiser sa proposition d’autonomie pour s’adapter aux bouleversements géopolitiques et en renforcer la faisabilité. Cette initiative, initialement proposée en 2007, est perçue comme un cadre réaliste et pragmatique pour résoudre le conflit sous souveraineté marocaine – une vision qui a bénéficié d’un soutien croissant de la part de puissances internationales influentes ces dernières années. Parallèlement, Washington affiche une volonté manifeste de jouer un rôle plus direct dans l’orientation d’un nouveau processus de négociation, en tirant parti de son poids diplomatique et de ses relations complexes avec les parties prenantes. Cette démarche intervient alors que les négociations menées par l’ONU sont au point mort et que l’efficacité de la mission onusienne (MINURSO) est en déclin quant à la réalisation de progrès concrets. L’implication potentielle des États-Unis soulève des questions quant à la nature de leur rôle envisagé : se substitueront-ils au mécanisme onusien ou le complèteront-ils ? Tout porte à croire que Washington cherche à mener des négociations plus souples et productives, tout en préservant la légitimité internationale, sans être entravé par les complexités du processus onusien traditionnel. Cette approche s’inscrit dans une stratégie américaine plus large visant à stabiliser l’Afrique du Nord et la région du Sahel, et à lier les solutions politiques aux opportunités de développement, d’investissement et de sécurité régionale, notamment face à la multiplication des défis transfrontaliers. Au Maroc, l’élaboration de ce nouveau plan n’est pas perçue comme un abandon des principes fondamentaux de l’initiative, mais plutôt comme une mise à jour technique et institutionnelle tenant compte de l’expérience de développement acquise dans les provinces du Sud, de l’évolution du modèle de régionalisation avancée et des progrès réalisés en matière de représentation politique et économique locale. Cette mise à jour devrait renforcer la crédibilité diplomatique de la proposition et lui conférer davantage de clarté et de faisabilité, conformément à l’approche d’une « solution politique réaliste et durable » soulignée par les résolutions successives du Conseil de sécurité. Sur le plan national, tout progrès significatif dans les négociations pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour accélérer le développement et renforcer la stabilité institutionnelle dans les provinces du Sud, en élargissant leurs pouvoirs d’autonomie et en les reliant aux investissements stratégiques. Au niveau national, le processus actuel renforce la position de négociation du Maroc et consolide son approche fondée sur la combinaison de souveraineté, de développement et de légitimité internationale. En définitive, la convergence de la mise à jour de l’initiative marocaine avec la dynamique américaine indique que la question du Sahara entre dans une phase délicate, où la volonté internationale se heurte aux enjeux de stabilité régionale, tandis que les semaines et les mois à venir seront déterminants pour l’élaboration des contours d’un éventuel règlement.


